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Après la fin du monde maya

Des millions (peut-être même des dizaines de millions ; des centaines ?) de personnes ont attendu la fin du monde en 2012. Et, on s'en doutait bien, en vain. Il y avait les habitués de la chose, qui nous prophétisent deux-trois, voire quatre catastrophes plus ou moins finales chaque année (si j'en trouve le courage, je ferais bien un papier intitulé "Bouh ! Fais-moi peur !" sur le blog des éditions Arqa un de ces jours). Ceux-ci, on a eu beau leur dire que c'était une erreur de calcul, ils n'en voulaient rien croire, et, pas découragés du tout, nous proposent de nouvelles dates, une par an de préférence : comme les voyantes, ils sont ainsi sûrs (tout au moins le croient-ils) de ne pas se tromper. Innovation pour 2014 : plusieurs dates proposées pour une seule année augmentent désormais les chances... Et puis, il y avait les autres : sans y croire, ils finissaient par avoir un doute tant les médias, stimulés par un si bon sujet, stimulés aussi par une féroce concurrence, s'en donnaient à cœur joie et à qui mieux mieux (rappelez-vous l'épisode du Bugarach : au jour le jour pour l'Apocalypse avec photos, et plus géné­ra­lement).

Michel MOUTET

Collection Pixabay - CC0

Jean-François Mayer nous propose une riche étude sur le sujet : nous reprenons ci-dessous, tel quel (règles typographiques suisses), le post qu'il vient de publier sur son site Religioscope.

Etude: le phénomène 2012

Retour sur les attentes et spéculations à propos de la date du 21 décembre 2012 et du calendrier maya dans ce cahier de l'Institut Religioscope rédigé par Manéli Farahmand et Jean-François Mayer. Trois angles d'approche: 2012 et la revitalisation du "Nouvel Age"; les discours différents sur 2012 en Europe et en Amérique centrale, à travers deux en­quê­tes menées en parallèle; la gestion de l'après-2012.

Sur un mode mêlant moquerie et anxiété feinte, à l’approche du 21 décembre 2012, les médias donnèrent à cette date et à l’éventualité d’événements catastrophiques une im­por­tante couverture. Même si le contenu des articles contredisait souvent les titres percutants, journaux, magazines et émissions jouèrent un rôle de caisse de résonance: ils con­tri­buèrent à diffuser des théories confinées à l’origine dans des cercles restreints et à ré­pan­dre le sentiment qu’il pourrait se passer quelque chose, jusque dans des milieux à première vue peu sensibles à ces thèmes. De spectaculaires vidéos circulant sur Internet relayèrent l’inquiétude dans un public adolescent.

Pendant que «2012» gagnait la culture populaire avec des tonalités apocalyptiques, des groupes de chercheurs spirituels voyaient au contraire dans la date du 21 décembre 2012 la cristallisation d’une grande espérance. Le phénomène 2012 se déclinait au pluriel: ce cahier en offrira de nouvelles illustrations.

La simple distinction entre espérances ou catastrophes autour du 21 décembre 2012 ne définit que deux axes interprétatifs principaux, sur lesquels ont pu se mouler des discours préexistants très va­riés: chacun a intégré à sa manière le thème «2012».

Alors que plus d’une année s’est écoulée, il nous a semblé instructif de porter un regard rétrospectif sur les attentes autour du 21 décembre 2012 et sur leurs suites.

L'étude de Manéli Farahmand et Jean-François Mayer constitue le N° 12 des Cahiers de l'Insti­tut Re­li­gio­scope (55 pages). Télécharger

© Jean-François Mayer, 2014 - http://religion.info/ et autres sites

Et, de Jean-François Mayer, sur ce même site : Antipapes et sédévacantistes