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L’humanoïde d’Ilkley - par Michel Granger

Voir un ovni, quel privilège !
Surprendre la créature qui en est sortie : quelle Providence !
Avec photo à l’appui, un scoop !

De tels documents photographiques de "pilotes d’ovni" existent même s’ils sont extrêmement rares. Une dizaine environ circulent sous le manteau parmi les amateurs, où ils font l’objet d’un véritable culte.

MACHINES VOLANTES « PILOTÉES »

Ces documents sont-ils les plus solides garanties de l’ufologie (science des objets volants non identifiés) dite « véhiculaire » battue en brèche actuellement, en ce sens qu’elles accréditent l’hypothèse selon laquelle les ovnis, croisant impunément dans notre ciel depuis plus d’un demi-siècle, sont bien des aéronefs en provenance de l’espace ? Et, par surcroît, guidés de l’intérieur puisque certains témoins en auraient surpris les ufonautes hors de leur engin posé au sol. 
Logique, non ? Les astronautes américains ont bien quitté leur L.E.M. sur la Lune !

Mon dossier photographique de telles créatures étrangères en balade sur Terre s’est enrichi dernièrement d’un cliché exceptionnel présenté ici. Sa mauvaise qualité ne plaide pas en sa défaveur, bien au contraire ; en effet, quoi de plus suspect que de se trouver là avec un appareil photo armé et réglé en distance et exposition. Enfin réglé, pas tout à fait.
ILKLEY2

ILKLEY MOOR : 1er DÉCEMBRE 1987

Il était 7:15 du matin, ce jour-là dans le Yorkshire, lorsque un agent de police britannique retraité (il a voulu rester anonyme) quitta son domicile avec l’in­ten­tion de rendre visite à un ami. La lande sauvage qu’il devait traverser l’avait incité à se munir de son ap­pareil photo afin de réaliser quelques vues du pay­sage dans la lueur de l’aube.
Bien lui en prit. Un peu plus tard, alors qu’il se trouvait légèrement au sud de la petite ville d’Ilkley, son at­ten­tion fut attirée par un bourdonnement. C’est à ce mo­ment qu’il aperçut une créature, haute d’1 mètre tren­te environ, qui s’éloignait là-bas devant lui, un « petit hom­me vert » (sic) dont il eut le réflexe de fixer la silhouette floue sur la pellicule.
Continuant son chemin, mais passablement troublé par cette insolite rencontre, l’homme découvrit bientôt un objet posé au sol « en forme de deux assiettes accolées par les bords » de 12 mètres de diamètre lequel bientôt décolla verticalement avec un grondement beaucoup plus prononcé cette fois, emportant vraisemblablement le visiteur avec lui.

BÂTONS DANS LES SOUCOUPES

Le témoin, faisant montre alors d’un flegme tout britannique, fit développer sa pellicule le jour même et, constatant le résultat – même si la définition est loin d’être parfaite – se mit en quête, à la bibliothèque locale, d’adresses d’ufologues à qui il puisse conter et prouver sa aventure.
Il tomba sur Jenny Randles, ufologue auteur à succès, et lui écrivit le 4 décembre. Mais la réponse se faisant attendre – Mrs Randles, du groupe BUFORA ayant d’autres ovnis à traiter –, le témoin alerta un autre groupe. Il en est en Angleterre comme en France : les différentes associations ufologiques n’ont de cesse que de critiquer et entraver les enquêtes des autres, toutes ayant des vues diverses et parfois antagonistes sur le phénomène. Tandis que la BUFORA procédait à des expertises du cliché (notamment à un éclaircissement comme ci-dessus sur la partie droite de la double photo que nous publions), le groupe frère ennemi en cédait les droits de reproduction à un journal à sensation tel que le Daily Star.
C’est dans le numéro du 27 juin 1988 (oui, les journalistes sont parfois peu pressés de publier les affirmations des ufologues), que l’on trouve quelques précisions données par le témoin et que la photo seule ne saurait accréditer : la créature avait « de larges oreilles, de gros yeux saillants, pas de nez, une peau verte et lisse et pas d’organes sexuels saillants. ».
Des mauvaises langues, à l’énoncé de ces caractéristiques, avancèrent même qu’il pouvait s’agir tout simplement du vétérinaire du coin rendant visite à un client. Sympa pour le physique de l’intéressé !
Devant une telle irresponsabilité, la BUFORA s’est abstenue de rendre public le résultat de ses analyses photographiques. A ce propos, je me dois de vous signaler qu’il existe une instance spé­cialisée dans l’authentification des photos d’ovni ou d’E.T. Disposant de tout le matériel électronique permettant agrandissements, radiographies, etc., le Ground Saucer Watch [guetteur de soucoupes au sol] permet de séparer les faits de la fiction : en clair, l’incontestable Inconnu des méprises ou ano­malies d’exposition ou de développement, mais aussi des supercheries (elles existent). 31 do­cu­ments à ce jour sur 600 testés ont ainsi reçu le label du G.S.W.

Dans une lettre du 23 avril dernier, William H. Spaulding, directeur du G.S.W., m'écrivait pencher plu­tôt du côté de la tromperie sur cette affaire alors que le groupe français Lumières Dans La Nuit, lui, parlait d’un cas « d’une grande solidité ».
Je vais tenter de les mettre d’accord en suggérant à Mrs Randles de faire parvenir le négatif au G.S.W. 
Alors seulement on pourra dire : scoop, ou scandale !

Michel GRANGER
Ce texte fut publié originalement le 24 juin 1990 dans Le Courrier de Saône-et-Loire Dimanche.
Mise à jour : 7 juillet 2017 // Photos : collection de l'auteur.


N.B. : Inutile de dire que ma proposition de mettre en communication un groupe ufologique britannique avec un groupe ufologique français échoua. Souvent l’étanchéité entre ces groupes est totale, chacun croyant détenir une vérité qui n’a pas besoin d’être tant soit peu confirmée. Dommage !